{"id":260,"date":"2021-06-02T16:12:01","date_gmt":"2021-06-02T15:12:01","guid":{"rendered":"http:\/\/leslectures.demarie.fr\/?page_id=260"},"modified":"2021-06-02T16:12:01","modified_gmt":"2021-06-02T15:12:01","slug":"morceaux-de-pensees","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/leslectures.demarie.fr\/?page_id=260","title":{"rendered":"Morceaux de pens\u00e9es"},"content":{"rendered":"\n<p>Ici les petits passages r\u00e9alis\u00e9s en ateliers d&rsquo;\u00e9criture,  des morceaux d&rsquo;\u00e9crits qui se baladent pour l&rsquo;instant sans se rattacher \u00e0 quelque chose de particulier.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Le pas lourd et\npesant, le visage cach\u00e9 par une masse de boucles rousses, Helen marchait, t\u00eate\nbaiss\u00e9e, vers ce qui se destinait \u00e0 \u00eatre les derniers moments de sa courte vie.\nSur son passage, des hu\u00e9es, des cris, des injures, des crachats. La foule,\npr\u00e9sente, pressante, oppressante, se faisait plus dense et plus compacte, au\nfil des minutes qui s\u2019\u00e9coulaient \u00e0 la fois lentement et terriblement vite. En\npassant devant les premiers rangs, elle croisa le regard de sa pauvre m\u00e8re,\nbipolaire, qui passait du rire aux larmes. Un des spectateurs l\u2019alpagua&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>-Sorci\u00e8re&nbsp;!\nTu vas br\u00fbler sale chienne&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Des larmes\nbr\u00fblantes coulaient sur ses joues tachet\u00e9es. Elle ne voulait pas. Elle n\u2019avait\npas le choix. Le b\u00fbcher \u00e9tait l\u00e0. Il l\u2019attendait. Implacable. Helen monta,\nr\u00e9sign\u00e9e, se laissa attacher sans r\u00e9sistance. Elle posa ses yeux verts \u00e9clatant\nsur l\u2019assembl\u00e9e, qui se tut d\u2019un coup. Une \u00e9tincelle jaillit. Un \u00e9clat de rire\nincontr\u00f4lable s\u2019\u00e9chappa de sa poitrine et immobilisa tous ceux qui assistaient\nau spectacle. Les flammes commenc\u00e8rent \u00e0 lui l\u00e9cher les orteils, avant de se\npropager sans vergogne \u00e0 son corps. La douleur devint insupportable et son rire\nse mua en cri inhumain qui fit saigner les oreilles de chaque personne pr\u00e9sente\nsur la place. Puis ce fut le noir.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>-T\u2019aurais d\u00fb\nvoir son roulage de pelle&nbsp;! Une torture&nbsp;! On aurait dit qu\u2019il\ncherchait \u00e0 faire le plus de tour \u00e0 la minute, l\u2019en-fer&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>-Qu\u2019est-ce que\ntu veux grognasse, les clients c\u2019est la loterie hein.<\/p>\n\n\n\n<p>-Ouais bon. Enfin,\nt\u2019avoueras quand m\u00eame que g\u00e9n\u00e9ralement, on n\u2019a pas le haut du panier. Parce que\nle haut du panier il a pas besoin de nous pour \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice, ayant\nfini de tracer un trait noir sur le bas de sa paupi\u00e8re recula pour admirer le\ntravail. Parfait. Le maquillage provocateur \u00e0 souhait, la robe noire moulait\nson corps qu\u2019elle savait tout \u00e0 fait d\u00e9sirable et les talons r\u00e9haussaient sa\nfine silhouette, donnant l\u2019impression d\u2019une longueur de jambes interminable.\nSon amie de toujours, Carole, termina d\u2019enfiler ses bas r\u00e9sille et vint se\nposter \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle, apparaissant \u00e0 son tour dans le miroir. <\/p>\n\n\n\n<p>-Tu vas voir\ncocotte, on va en d\u00e9baucher quelques-uns encore ce soir. Et avec le temps qu\u2019on\na pass\u00e9 l\u00e0, c\u2019est des gros pourboires qu\u2019ils vont nous laisser ces messieurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le regard de la\njeune femme se posa sur le bocal qui tr\u00f4nait sur un gu\u00e9ridon, empli de billet.\nElle soupira. Bient\u00f4t, bient\u00f4t elle pourrait sortir de ce gouffre abyssal dans\nlequel elle \u00e9tait tomb\u00e9e et retrouver une vie normale. Qui sait peut-\u00eatre\npartir \u00e0 l\u2019autre bout du monde, et repartir \u00e0 z\u00e9ro. Mais pour l\u2019heure, il \u00e9tait\ntemps de partir travailler, le soleil se couchait dans une lumi\u00e8re vesp\u00e9rale.\nUn dernier regard sur l\u2019appartement et Alice verrouilla la porte, avant de\nrejoindre sa colocatrice qui l\u2019attendait d\u00e9j\u00e0 en bas, pr\u00eate \u00e0 affronter le\ntrottoir. Un soir de plus.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>On y est. Le jour enchanteur synonyme de bonheur. Celui dont r\u00eave tout \u00e0 chacun pour de meilleurs lendemains. Un avenir \u00e0 deux, un avenir radieux. Une apparente monogamie sans une once d\u2019hypocrisie. On y croit \u00e0 cette na\u00efvet\u00e9 cynique, \u00e0 cette r\u00eaverie diabolique. Une prison dor\u00e9e dont on ne sort jamais. Enferm\u00e9s dans un sch\u00e9ma de vie qui se r\u00e9p\u00e8te \u00e0 l\u2019infini. Sch\u00e9ma impos\u00e9 par une soci\u00e9t\u00e9, dont on ne veut pas, \u00e0 laquelle on ne croit pas. Une perfection convuls\u00e9e qui nous fait mourir \u00e9trangl\u00e9. Asphyxi\u00e9 par un id\u00e9al qui ram\u00e8ne notre \u00e9tat animal. Libert\u00e9 de fuir, libert\u00e9 de dire, libert\u00e9 d\u2019\u00e9crire. Libre d\u2019\u00eatre ivre. Ivre de vivre.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Je r\u00eave d&rsquo;un temps rien qu&rsquo;\u00e0 nous. Un temps hors du temps, une bulle qui nous appartiendrait. Un temps de tendresse, un temps d&rsquo;affection. Un temps de passion. Le fr\u00f4lement imperceptible de nos l\u00e8vres l&rsquo;une contre l&rsquo;autre, nos visages si proches, dans cette joie de se retrouver. L&rsquo;effleurement d\u00e9licat de nos mains sur nos corps, impatients et avides l&rsquo;un de l&rsquo;autre, avides de volupt\u00e9, prolongeant cette attente exquise qui nous rend fous de d\u00e9sir. Ce d\u00e9sir ardent qui br\u00fble, nous fait pr\u00e9cipiter davantage nos gestes, appuyer nos caresses, mettre nos corps \u00e0 nu. Le plaisir de se voir, de se sentir, de s&rsquo;admirer, de se d\u00e9couvrir, de redessiner encore ces lignes, ces courbes qu&rsquo;on conna\u00eet d\u00e9j\u00e0, du bout des doigts.  Nos souffles plus courts plus rauques, nos baisers plus pressants. Nos corps entrelac\u00e9s, entrem\u00eal\u00e9s dans cette soif d\u00e9vorante qui nous consumme. Nos mains, nos bouches partout, omnipr\u00e9sentes dans cette connexion naturelle qu&rsquo;est la n\u00f4tre. Toi en moi, moi en toi. Toi avec moi, moi avec toi. Nous ensemble. Des g\u00e9missements, des r\u00e2les, des cris. L&rsquo;envie de cette symbiose qui se fait plus forte  plus imposante. Elle est vitale. Cette pression qui monte, qui nous fait nous unir de mani\u00e8re puissante, sauvage, incontr\u00f4l\u00e9e. Et soudain la jouissance, extr\u00eame, intense, partag\u00e9e. En harmonie. Toi, moi. Ensemble. Nous. Puis, dans le silence, nos coeurs battant la chamade, nos respirations saccad\u00e9es, nos corps tremblants, envahis par l&rsquo;\u00e9motion. Nos bras serr\u00e9s l&rsquo;un sur l&rsquo;autre pour ne pas se perdre, jamais. Nos fronts qui se rejoignent  nos l\u00e8vres qui se joignent dans une tendresse infinie. Dans le silence, cet amour \u00e9tourdissant qui r\u00e9sonne encore et pour longtemps. <\/p>\n\n\n<p><!--EndFragment--><br>\n<br>\n<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ici les petits passages r\u00e9alis\u00e9s en ateliers d&rsquo;\u00e9criture, des morceaux d&rsquo;\u00e9crits qui se baladent pour l&rsquo;instant sans se rattacher \u00e0 quelque chose de particulier. Le pas lourd et pesant, le visage cach\u00e9 par une masse de boucles rousses, Helen marchait, t\u00eate baiss\u00e9e, vers ce qui se destinait \u00e0 \u00eatre les derniers moments de sa courte [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":251,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leslectures.demarie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/260"}],"collection":[{"href":"https:\/\/leslectures.demarie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/leslectures.demarie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leslectures.demarie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leslectures.demarie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=260"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/leslectures.demarie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/260\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":262,"href":"https:\/\/leslectures.demarie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/260\/revisions\/262"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leslectures.demarie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/251"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leslectures.demarie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=260"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}